Magpie patterns – Interview!

Magpie patterns est une boutique en ligne pas comme les autres : on y trouve des patrons et livres de couture, de tricot, de crochet et de broderie. Mais attention, que des designers contemporains ou marques indépendantes ! On y retrouve par exemple Oliver + S, Colette Patterns, Sew liberated et les livres d’Amanda Soule, Heather Ross ou Betz White. Je m’y connais moins en patrons de tricot, crochet et borderie, mais j’ai repéré de très jolies choses dans ces catégories (je craque notamment pour les broderies de Penguin and fish, les mitaines de Frouges’s art et les tricots de Jane Richmond design).

Interpellée par cette jolie boutique, j’ai contacté Amy et lui ai posé quelques questions. Depuis Portland (Oregon), elle a accepté avec célérité et bonhommie de répondre à mes questions désordonnées . Enjoy!

Qu’est ce qui t’as décidé à lancer Magpie Patterns?
Je tricote depuis 15 ans. Quand j’ai commencé il y avait un seul magasin de laine dans ma ville! Mais depuis les boutiques se sont multipliées aux Etats-Unis, toutes proposant des laines plus belles les unes que les autres. Mais même dans les boutiques les plus fournies, la sélection de patrons était assez pathétique. Je voulais utiliser toutes ces belles pelotes achetées dans mes magasins préférés pour faire des pulls, des écharpes, des bonnets, des mitaines. Quand j’ai commencé à coudre, j’ai fait le même constat concernant les magasins de tissus : beaucoup de beaux tissus, mais peu de patrons intéressants. Tout cela a changé quand j’ai découvert la blogosphère créative. Soudain, je  me suis rendue compte que tous ces gens faisaient des choses incroyable avec leurs laines, tissus et fls de broderie. Au fil des blogs, je tombais de temps à autre sur un patron intéressant. Le seul endroit où je retrouvais ces patrons était sur Etsy – mais c’était un peu comme de faire les puces : amusant par certains aspects mais épuisant. Un jour j’expliquais à mon père que j’aurais aimé trouver un endroit unique où seraient rassemblés tous ces patrons que j’adorais. Et il n’en a pas fallu plus! J’ai décidé moi même de rassembler ces patrons et de créer ma boutique!

Quelle est ta couleur préférée et quelle est ton activité favorite en ce moment?
En ce moment, j’adore le jaune moutarde tirant sur le doré. Je vis su la côte nord ouest des Etat-Unis où l’automne n’est que pluie et grise mine. Cette couleur est bien en cohérence avec la saison tout en amenant un peu de luminosité aux jours un peu ternes. Quant à mon activité préférée du moment, ce que j’aime par dessus tout en ce moment est la couture: je ne peux plus m’arrêter! Mais je suis débutante et mes ouvrages sont relativement simples (essentiellement pour mes enfants d’ailleurs puisqu’ils ne sont pas trop regardants sur les finitions).

La coupe et le design sont essentiels dans un patron mais pourrais-tu nous parler un peu de la “pédagogie”, des instructions, des illustrations?
C’est un excellente question! Auparavant, on apprenait à coudre, tricoter, broder et crocheter avec l’aide de son entourage, sa famille, ses amis. Aujourd’hui on aurait plutôt tendance à apprendre grâce aux patrons dans tous ces domaines. De ce fait, les designers de patrons ont une responsabilité accrue puisqu’ils doivent aussi enseigner la technique au fil des instructions. J’ai d’ailleurs remarqué une évolution dans les livres et patrons ces dernières années. quand j’ai commencé à tricoter, le plus difficile était de déchiffrer les instructions! Les photos étais obscures, les schémas étaient vagues, les instructions cryptées! Maintenant c’est bien plus facile de trouver des patrons bien rédigés avec des instructions faciles à suivre, des images de bonne qualités et des schémas précis. Ainsi même les couturières ou tricoteuses débutantes peuvent se lancer. Les designers de patrons s’adressent vraiment à leur public et ainsi la demande stimule l’offre.

Est-ce que Magpie Patterns livre en Europe? A quel coût?
Oui, nous livrons en Europe. Pour les patrons en Pdfs, il n’y a pas de coût de livraison. Vous recevez directement le patron sous forme électronique après le paiement. Pour les patrons sous forme papier, voici les coûts de livraison:
1 à 5 patrons :  frais de port de 5 dollars.
6 à 10 patrons : frais de port à 6 dollars
11 patrons et plus : frais de port de 7 dollars
Livre : 9, 99 dollars par commande plus 1, 99 par article

***

Magpie Patterns is an online shop carrying a selection of contemporary sewing, knitting, crochet and embroidery patterns. You might want to check it out  as this shop carries a selection of my favourite designers: Colette Patterns, Oliver + S,  Sew Liberated and much more but also books by Amanda Soule, Betz white and Heather Ross. I’m no expert in the arts of knitting, crocheting and embroidery but i’ve seen some pretty nice stuff too in those categories (i just love the embroidery pattern by Penguin and fish, Jane Richmond Design’s knits and Frouge’s art ‘s mittens!). I was intrigued by this adorable and independant shop so i contacted Amy who lives in Portland, Oregon and asked her a few unorderly questions. She very kindly responded to me so here it is: enjoy!

Tell us a bit about when and how you launched Magpie Pattens?
I have been knitting for about 15 years. When I first started there was one yarn store in my entire city! But since then there’s been a tremendous growth in yarn stores in the States, each with more and more luscious yarn to choose from. But even the stores with the best yarn selection usually had a pitiful pattern selection. I wanted to use all that lovely yarn to knit sweaters, scarves, hats, and gloves that I would find in my favorite stores. When I started sewing, I found the same thing at the fabric stores: lots of lovely fabric, but few inspiring patterns. All that changed when I discovered the world of craft blogs. Suddenly I saw that there was a whole world of creative people do amazing things with fabric, yarn, and embroidery floss. Reading those blogs I would discover a glorious pattern here and another there, but the only place I could find a collection of them was on Etsy, and that was a little like shopping at a flea market – fun, but exhausting in some respects. One day I was telling my Dad that I wished there was a place where these great patterns were collected and easy to find, and that’s all it took! I decided to do the collecting myself, and it’s been so much fun!

What is your favourite colour right now? Favourite craft?
These days I love golden, mustard yellow. I live in the Pacific Northwest where fall is rainy and gray, and that color is very Autumn while still bringing a little brightness back into the day. My latest love is sewing. I can’t get enough! But I’m still learning, so all of my projects are fairly simple (and mostly for my kids since they don’t mind when things aren’t perfect!).

Design and fit are essential in a pattern : but what do you have to say about pedagogy, instructions and illustrations?
That is such a good question! I think that unlike previous generations when you were taught how to sew, knit, embroider, and crochet by experienced family members and friends, modern crafters are more likely to use patterns to learn the craft they’re pursuing. So now pattern designers have an added responsibility, which is essentially to teach the craft within the pattern. I’ve noticed this particular difference in patterns and pattern books in the last few years. When I first started knitting, the hardest part about the craft was reading the pattern! The pictures were obscure, the diagrams vague, the instructions in code! Now it’s far more common to find patterns with well-written and easy to follow instructions, excellent images and precise diagrams, so that even a beginning sewer or knitter can attempt the project. Designers are really speaking to their audience, which is in turn fueling the whole movement.

Do you ship to europe? What are the shipping costs?
Yes. The rates are:
Pdf patterns: No shipping charge. Pdfs are immediately available in your account after your payment is processed.
Paper patterns: 1 – 5 paper patterns ship for $5.00
6 – 10 paper patterns ship for $6.00
11+ paper patterns ship for $7.00

Books: $9.99 per order + $1.99 per item

Thank you Amy and long live Magpie Patterns !

Thank you amy !

Marie Labarelle : l’interview!

Après les interviews des créatrices québécoises Les frangines et Raplapla, je vous propose une interview de Marie Labarelle, créatrice parisienne de merveilleux vêtements intelligents et poétiques.

***

image-5 Photo Delphine Graticola

En quelques dates clefs, quels sont les temps forts de votre parcours de créatrice?

2001 : diplôme d’architecte DPLG

2002 : premiers vêtements

2003 : premiers salons de créateurs

2004 : défilé « Le Boudoir Imaginaire »

2005 : inscription à la Boutique de Gestion de Paris

2006 : inscription à la Chambre de Métiers de paris

2007 : première boutique dans le marais

2008 : fusion de l’atelier et la boutique 34 rue des Petites Ecuries, Paris 10ème


Vos vêtements répondent à certains critères ou principes explicités dans une “charte implicite” : vente directe, choix des matières, évolution des modèles, retouches, politique tarifaire, etc. A ce propos vous écrivez d’ailleurs : “Je reste fermement attachée à agir avec bon sens”… même si vous êtes parfois à contre courant. Comment est née cette charte?

Je crois que la création ne doit pas se limiter aux objets. Tout le dispositif qui les entoure doit être re-crée pour être le plus cohérent possible : de la structure de mon entreprise à la manière de les diffuser en passant évidemment par leur mode de fabrication.

image-111

Photo Delphine Graticola


Robe pétale, jupe bougeon, veste feuille, gilet rivière: la nature dans sa version la plus poétique est vraisemblablement une source d’inspiration importante pour vos collections. L’influence asiatique transparaît aussi au détour d’un modèle ou d’un haïku…

Lorsqu’une femme porte un de mes vêtements, je rêve qu’elle se l’approprie comme on lit un haïku :

« De par ses limites mêmes le haïku s’accorde aux confins. (…) Ses quelques syllabes ouvrent un espace de naissance infinie que la lecture échoue à épuiser. Un espace de pure intensité mentale. Il faut dire que le lecteur est convoqué au plus vif, au plus vrai de sa palette sensible, pour « compléter » le poème. Le faire résonner. Comme si la métaphore cédait ici le pas à la résonance- onde d’un galet de sens ricochant sur les eaux du silence. Au sein d’un jeu constant entre contraction et expansion, entre finitude et infinitude, entre systole et diastole, lecteur et poète partagent et embrassent un même espace. Au travail de contraction du poète – à sa qualité de présence vigilante (« créer de la fraîcheur » précise Kawahigashi Hekigotô, (…), concentrant, condensant tout le réel en un seul et unique instemps- fait écho la perception « expansionnelle » du lecteur (…). Dans un singulier échange écopoétique, expérience d’écriture et expérience de lecture ne sont plus séparables. Il y a là, au sens le plus fort, partage d’un état d’esprit. »

Extrait de la préface « Le sublime au ras de l’expérience » de Corinne Atlan et Zéno Bianu « Haïku, Anthologie du poème court japonais »


Nombreux sont vos modèles qui “enveloppent” la silhouette. Le corps de la femme y serait-il comme protégé, lové?

Mes créations sont l’occasion d’un dialogue élaboré entre la forme et le tissu. Cette articulation me permet de jouer sur la notion d’intérieur et d’extérieur, de dedans et de dehors, de caché et d’apparent. Mes vêtements proposent à chacune de se découvrir et de se couvrir, de masquer et de dévoiler son corps pour mieux se mettre en valeur selon ses désirs et ses humeurs. Les silhouettes sur lesquelles je travaille sont évocatrices d’une féminité légère, sans ostentation tout en étant maîtresse d’elle-même.

image-7

Photo Delphine Graticola


Vous vous êtes récemment installée dans le 10ème arrondissement, rue petites écuries, dans une boutique-atelier-showroom. A naviguer sur votre site et votre blog on saisit bien votre souci d’être au plus près des clientes pour faire évoluer vos patrons et améliorer vos modèles.

Etait-ce important pour vous de rapprocher l’atelier de la boutique?

Oui.

Mon travail est multiple, il comprend plusieurs métiers à la fois. Il était logique que le local que j’occupe soit à l’image de ce projet et adapté à mes journées. Après avoir jonglé d’un bail professionnel à l’autre j’ai enfin trouvé ma maison.


Les hommes et les enfants ont-il quelque espoir de trouver un jour des vêtements “Marie Labarelle” pour eux?

Pourquoi pas ? Mais aujourd’hui c’est mon rêve de « La Femme Paysage » qui me motive et me guide.

image-8Photo Matthieu Gauchet


Fleurs de pêcher

mes habits de tous le jours

mon cœur de tous les jours

Hosomi Ayako

***

Mes sincères remerciements à la talentueuse Marie d’avoir joué le jeu de l’interview ;o)

Clic pour la collection automne-hiver 2008
Clic pour la collection printemps-été 2008

Pour découvrir la boutique-atelier-showroom “en vrai”:
34 rue des petites écuries
Paris 10


Raplapla : l’interview !

Erica Perrot est une créatrice québécoise qui a créé la marque Raplapla: j’ai craqué pour ses poupées de chiffons qui évoluent dans un univers parallèle, à la fois poétique et rock and roll. Le plus amusant: ces poupées ont toutes des noms et même une biographie! Erica a accepté de répondre à quelques unes de mes questions pour une interview pleine de sensibilité.


Quel a été cheminement personnel jusqu’à ton statut actuel de créatrice et entrepreneur? Est ce que tu as une formation spécifique? Une rencontre marquante t’a-t-elle influencée?
Ma toute première poupée, je l’ai cousue à 14 ans, pour le bébé d’un couple d’amis, en m’inspirant d’un pantin de chiffon des années 1970… Mais à l’époque, je voulais faire du théâtre! Petit à petit, comme je me sentais plus à l’aise à manipuler des tissus qu’à être sur scène, je me suis retrouvée à fabriquer des costumes. J’ai suivi une formation en design de mode afin d’apprendre des techniques de coupe et de confection professionnelles, puis j’ai travaillé quelques années dans des ateliers de costumes de Montréal, comme couturière. Par la suite, j’ai enseigné la confection pendant 3 ans, à des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale. Et puis lorsque l’organisme pour lequel j’enseignais a fermé mon poste… plutôt que de chercher un emploi j’ai décidé de démarrer ma petite compagnie de poupées!

Olootee, infirmière à Kurri Kurri qui aime manger
des gâteaux aux amandes et boire du thé noir très chaud

Tes créations sont très largement influencées par l’enfance et tes poupées sont principalement destinées à nos chers petis. Est-ce que ton expérience personnelle en tant que maman a influencé tes créations. Est-ce que tes enfants ont une influence sur ton processus créatif?
J’ai toujours aimé le monde de l’enfance, la naïveté et la poésie qui s’en dégage. Adolescente, je me souviens adorer traîner dans les rayons de livre pour enfants à dévorer des Claude Ponti, et des livres d’images! D’ailleurs, comme je le dit sur mon site: comme je me cherchais une bonne excuse pour faire des jouets: j’ai eu deux enfants!!!
Lorsque je crée un modèle de poupée ou d’animal destiné aux enfants, il sort tout droit de mon imaginaire, mais je suis sûre qu’on est constamment inspiré par ce qui nous entoure alors oui, mes enfants font partie de mon inspiration. Et puis c’est très important pour moi de voir l’usage qu’elles pourront faire du jouet, elles me poussent à mieux penser mon design ou mon choix de tissu selon ce qu’elles en font dans “la vraie vie”! Et puis parfois elles arrivent avec une super idée alors on fait des essais pour la développer, et en général ça plaît beaucoup aux autres enfants!

Ma plus jeune fille a eu une grande importance dans l’aventure Raplapla car lorsque je faisais des tests pour trouver une idée de produit elle s’est prise d’amour pour la toute première poupée Raplapla. C’était une toute petite poupée, elle l’a appelée Eglantine et elle la traînait partout. Un jour nous avons croisé une amie par hasard, qui a vu la petite poupée et qui a su me dire les bonnes choses pour m’encourager à continuer… Après ça tout à démarré!

Eglantine, la toute première poupée Raplapla
Raplapla est elle une entreprise “engagée”? Si oui, était ce une évidence dès le départ ou l’engagement est il un processus qui s’est imposé petit à petit?
Raplapla est une petite entreprise qui vise la qualité. A partir de là, évidemment plusieurs choix s’imposent, comme de rechercher avec soin les matières premières (acheter des rouleaux de coton biologique et équitables qui soient accompagnés d’un VRAI certificat n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît), il m’arrive de recycler des chutes de tissus neufs jetés par des designers de mode de Montréal, toute la confection se fait localement, un pourcentage des profits de vente est versé à Unicef… J’ai travaillé durant un an avec un organisme d’insertion social de Montréal mais nous avons décidé récemment de cesser notre collaboration car mes exigences en matières de qualité étaient plus élevés que le travail qu’ils effectuaient. Donc finalement ce n’est pas nécessairement “l’engagement” qui prime, mais bien se donner les moyens d’offrir un produit de qualité!

Créer, ce n’est que du plaisir. Et être entrepreneur?

J’adore les défis que cela apporte de gérer une petite entreprise, même si cela n’est pas simple tout les jours. En fait, je crois qu’être bien entouré et en se fier à son intuition sont les deux clés!         

C’est vrai que finalement si on veut devenir très productif et très rentable, on ne peut pas laisser beaucoup de place à la créativité, car le temps et l’énergie que l’on consacre à l’élaboration de nouveaux modèles sont grands, mais c’est plus fort que moi, régulièrement j’ai besoin de me lancer dans de nouveaux projets, c’est vital!

Dans quels coins de la planètes habitent les poupées Raplapla?

Les poupées voyagent beaucoup! Régulièrement les gens m’envoient des photos de leur enfants avec une poupées, la dernière en date était une adorable petite fille de Tokyo! J’ai également eu des échos de poupées qui vivent en Australie, aux Etats-Unis, au Brésil, en Angleterre, en Allemagne, en France, en Espagne, en Belgique, en Italie ou à Dubaï!

Pas trop difficile de se séparer de certaines de tes poupées?
C’est toujours un plaisir, je les fait pour les enfants, alors mon souhait est qu’elles puissent trouver un compagnon! Mais il y en a quelques unes auxquelles je suis très attachées, qui sont toujours avec moi dans l’atelier, et que je ne laisserai jamais partir: ce sont les miennes! D’ailleurs, lorsque mes filles reçoivent des amis à la maison, elles leur présentent tout naturellement comme étant “les jouets de maman”.
—–
Clic pour le site Raplapla 
Clic pour la boutique en ligne Raplapla (Ventes Europe)
.
En France, Raplapla est en vente au Lieu Unique à Nantes

 
Un grand merci à Erica et longue vie à Raplapla !

“Les frangines” : l’interview !

Je l’avais annoncé, le blog change de tonalité pour vous faire découvrir des perles d’ailleurs. En voici donc encore une de perle: mais francophone cette fois ci. Il s’agit de Geneviève Beaulieu qui a créé “Les frangines”, griffe d’accessoires uniques et faits à la main dont ces bracelets en tissus que j’adore. Elle a un nom qui fleure bon le Saint-Laurent et le sirop d’érable. Et pour cause: cette créatrice est installée au Québec.

Geneviève qui ouvre un nouvel atelier-boutique la semaine prochaine a accepté de répondre à une petite interview, en exclusivité pour My Daruma…  

–> Études en communication, travail dans une agence de design graphique… La couture n’était pas une évidence. Quel a été le cheminement qui t’a amené à te lancer à temps plein dans l’aventure “Les Frangines”?

J’ai tout d’abord plongé dans le monde de la couture en travaillant dans un magasin de tissus pour payer mes études. Je me suis tout de suite intéressée à ce passe-temps qui est petit à petit devenu une obsession. Au début, je voulais réaliser une courtepointe en patchwork crazy. J’ai donc appris la broderie et ensuite la courtepointe. J’adore ça ! En même temps, j’ai commencé à essayer de me fabriquer des sacs à main. J’ai toujours aimé les sacs à la folie… alors j’avais plein d’idées. Ma sœur m’a donc aidé à vendre mes modèles sur Internet. Elle nous a construit un site Web, des cartes professionnelles et tout le tralala ! J’ai ensuite voulu me perfectionner. J’ai donc pris des cours de couture privés. De fil en aiguille, j’ai décidé d’y consacrer tout mon temps.

–> L’autre frangine, c’est qui? 

L’autre Frangine, c’est Valérie. Elle est designer graphique et travaille à Montréal dans un agence. C’est elle qui a créé le site Web, l’image graphique et tout le matériel promotionnel de Frangines. Valérie fait partie intégrante du concept même si elle travaille maintenant qu’occasionnellement pour Frangines. Vous pouvez découvrir son album photos sur Flickr.

–> Tu t’installes ce mois-ci dans un tout nouvel atelier-boutique avec Josée Morais, designer graphique. C’est important pour toi de partager ce lieu avec une autre créatrice?

Bien sûr ! C’est très important d’avoir quelqu’un avec qui partager ma passion. J’ai toujours été entourée de personnes créatives. C’est d’ailleurs ce qui m’a permis de me rendre jusque que là. Les créatifs sont toujours ouverts à découvrir ce que je fais et ils m’encouragent régulièrement. Ma sœur et Josée en sont bons exemples ! Pour découvrir le travail de Josée, vous pouvez visiter son site.

  

–> Appliqués, boutons, surpiqûres : ces touches colorées sont un peu la marque de fabrique des “Frangines”. Est ce que ces ajouts sont pensés a priori ou imaginés une fois la pièce montée? Autrement dis, tu commences par quoi?

Hummm…. C’est différent chaque fois ! Je fais souvent des croquis des sacs que je veux faire. Je choisis ensuite les tissus, découpe mon modèle, fabrique les appliqués et couds les pièces ensemble. Pour les bracelets et les bandeaux, c’est différent. J’y vais au fur et à mesure avec des bouts de tissus, des garnitures, des boutons et je joue avec les couleurs et les textures. Ensuite, j’assemble les morceaux.

 

–>   Une journée type de la créatrice Geneviève Beaulieu, ça ressemble à quoi?

Le matin, j’aime prendre mon temps. Je bois mon café en fouinant sur Internet. Je navigue à travers les blogs et les sites d’autres créateurs. Ensuite, je me mets à la couture ! Je couds plusieurs heures par jour. Je fais aussi des mises à jours dans ma boutique en ligne une à deux fois par semaine et j’écris sur mon blog régulièrement. Parfois, je participe à des activités de ventes. Dans ce cas, je me déplace avec mes accessoires sur place et partage ma passion avec les visiteurs. Tout ça demande beaucoup de motivation, d’imagination et d’entrepreneurship !
 
–> Où trouves-tu tous ces jolis tissus pour tes créations uniques?
 
Je magasine dans les boutiques de tissus près de chez moi et parfois à Montréal. J’achète beaucoup de tissus neufs parce que j’aime les couleurs éclatantes et les beaux imprimés. Je réutilise parfois des tissus qu’on me donne. Je recycle aussi des balances de tissus d’usine de fabrication textile.  J’achète aussi des tissus dans les boutiques en ligne. Etsy offre de bons choix surtout si on recherche des designer en particulier comme Amy Butler ou Heather Bailey.

–> Ta couleur préférée du moment?

J’adore le mixte de vert lime et turquoise.

–>  Je suppose que tu lis d’autres blogs créatifs. Lesquels sont tes incontournables? Pas trop chronophage de lire les blogs des autres?

Ha ! oui ! Je passe beaucoup de temps sur Internet !!! Mais j’adore ça ! Voici ma liste de blogs préférés :

Decor8
A Ervilha cor de rosa
Geninne’s Art blog
Inside a black apple
Isacile 
Syko
Wee Wonderfuls
A ervilha cor de rosa 

— > Envie de nous faire découvrir un autre créateur québécois?

Je vous invite à visiter le site de Lydianne et de sa collection Vilaine. Elle est une créatrice de mode qui travaille dans la même ville que moi, à Sherbrooke. Il y a aussi Érica qui fait les très belles poupées Raplapla à Montréal.

****
–> Site, blog et boutique des Frangines : c’est par ici!

****

Merci à Geneviève pour sa gentillesse. 
Merci à Alibabette chez qui j’ai découvert les créations de Geneviève Beaulieu

A suivre prochainement sur My Daruma : les interviews de Rosa Pomar et Marie Larabelle…