Marie Labarelle : l’interview!

Après les interviews des créatrices québécoises Les frangines et Raplapla, je vous propose une interview de Marie Labarelle, créatrice parisienne de merveilleux vêtements intelligents et poétiques.

***

image-5 Photo Delphine Graticola

En quelques dates clefs, quels sont les temps forts de votre parcours de créatrice?

2001 : diplôme d’architecte DPLG

2002 : premiers vêtements

2003 : premiers salons de créateurs

2004 : défilé « Le Boudoir Imaginaire »

2005 : inscription à la Boutique de Gestion de Paris

2006 : inscription à la Chambre de Métiers de paris

2007 : première boutique dans le marais

2008 : fusion de l’atelier et la boutique 34 rue des Petites Ecuries, Paris 10ème


Vos vêtements répondent à certains critères ou principes explicités dans une “charte implicite” : vente directe, choix des matières, évolution des modèles, retouches, politique tarifaire, etc. A ce propos vous écrivez d’ailleurs : “Je reste fermement attachée à agir avec bon sens”… même si vous êtes parfois à contre courant. Comment est née cette charte?

Je crois que la création ne doit pas se limiter aux objets. Tout le dispositif qui les entoure doit être re-crée pour être le plus cohérent possible : de la structure de mon entreprise à la manière de les diffuser en passant évidemment par leur mode de fabrication.

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Photo Delphine Graticola


Robe pétale, jupe bougeon, veste feuille, gilet rivière: la nature dans sa version la plus poétique est vraisemblablement une source d’inspiration importante pour vos collections. L’influence asiatique transparaît aussi au détour d’un modèle ou d’un haïku…

Lorsqu’une femme porte un de mes vêtements, je rêve qu’elle se l’approprie comme on lit un haïku :

« De par ses limites mêmes le haïku s’accorde aux confins. (…) Ses quelques syllabes ouvrent un espace de naissance infinie que la lecture échoue à épuiser. Un espace de pure intensité mentale. Il faut dire que le lecteur est convoqué au plus vif, au plus vrai de sa palette sensible, pour « compléter » le poème. Le faire résonner. Comme si la métaphore cédait ici le pas à la résonance- onde d’un galet de sens ricochant sur les eaux du silence. Au sein d’un jeu constant entre contraction et expansion, entre finitude et infinitude, entre systole et diastole, lecteur et poète partagent et embrassent un même espace. Au travail de contraction du poète – à sa qualité de présence vigilante (« créer de la fraîcheur » précise Kawahigashi Hekigotô, (…), concentrant, condensant tout le réel en un seul et unique instemps- fait écho la perception « expansionnelle » du lecteur (…). Dans un singulier échange écopoétique, expérience d’écriture et expérience de lecture ne sont plus séparables. Il y a là, au sens le plus fort, partage d’un état d’esprit. »

Extrait de la préface « Le sublime au ras de l’expérience » de Corinne Atlan et Zéno Bianu « Haïku, Anthologie du poème court japonais »


Nombreux sont vos modèles qui “enveloppent” la silhouette. Le corps de la femme y serait-il comme protégé, lové?

Mes créations sont l’occasion d’un dialogue élaboré entre la forme et le tissu. Cette articulation me permet de jouer sur la notion d’intérieur et d’extérieur, de dedans et de dehors, de caché et d’apparent. Mes vêtements proposent à chacune de se découvrir et de se couvrir, de masquer et de dévoiler son corps pour mieux se mettre en valeur selon ses désirs et ses humeurs. Les silhouettes sur lesquelles je travaille sont évocatrices d’une féminité légère, sans ostentation tout en étant maîtresse d’elle-même.

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Photo Delphine Graticola


Vous vous êtes récemment installée dans le 10ème arrondissement, rue petites écuries, dans une boutique-atelier-showroom. A naviguer sur votre site et votre blog on saisit bien votre souci d’être au plus près des clientes pour faire évoluer vos patrons et améliorer vos modèles.

Etait-ce important pour vous de rapprocher l’atelier de la boutique?

Oui.

Mon travail est multiple, il comprend plusieurs métiers à la fois. Il était logique que le local que j’occupe soit à l’image de ce projet et adapté à mes journées. Après avoir jonglé d’un bail professionnel à l’autre j’ai enfin trouvé ma maison.


Les hommes et les enfants ont-il quelque espoir de trouver un jour des vêtements “Marie Labarelle” pour eux?

Pourquoi pas ? Mais aujourd’hui c’est mon rêve de « La Femme Paysage » qui me motive et me guide.

image-8Photo Matthieu Gauchet


Fleurs de pêcher

mes habits de tous le jours

mon cœur de tous les jours

Hosomi Ayako

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Mes sincères remerciements à la talentueuse Marie d’avoir joué le jeu de l’interview ;o)

Clic pour la collection automne-hiver 2008
Clic pour la collection printemps-été 2008

Pour découvrir la boutique-atelier-showroom “en vrai”:
34 rue des petites écuries
Paris 10


9 thoughts on “Marie Labarelle : l’interview!

  1. c’est magnifique ce qu’elle fait…
    on sent vraiment le vêtement comme une construction architecturale autour du corps. C’est un très beau travail et merci de nous le faire découvrir!!!

  2. Merci beaucoup pour ce chouette et instructif interview… J’adore l’esprit de ton blog… C’est toujours un plaisir de passer par ici …

  3. La robe fleurs est incroyable! et tout son style japonisant un régal! D’ailleurs, je viens de coudre ma première trousse saikoro wow! quel plaisir le rendu est étonnant!

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